Marie, portrait d’une battante

Marie, portrait d’une battante

C’est avec le sourire que Marie nous accueille par cette journée automnale. Les températures ont baissé et l’humidité s’est installée. L’air frais s’infiltre dans la camionnette où elle vit depuis 18 mois avec son compagnon et ses chiens.

Marie, c’est une femme de 40 ans sans domicile fixe qui survit dans la région nantaise.

Rencontre avec une battante.

De l’arnaque à la rue

C’est sur un site bien connu que Marie a trouvé la location rêvée. Une maison. Idéale pour eux et leurs chiens. La rapide rencontre avec le propriétaire, un retraité vivant à l’étranger, aboutit sur l’emménagement. Le loyer est onéreux et Marie souhaite faire une demande d’aide au logement. Aide nécessitant quittance de loyer. Relance après relance auprès du propriétaire, le couple continue à payer l’intégralité du loyer sans obtenir le moindre document de sa part.

Marie fait les démarches pour obtenir un logement social. Sans succès. Les dettes commencent à s’accumuler et le couple, qui a récemment acheté une vieille camionnette, est contraint de partir sans avoir obtenu un logement à loyer modéré.

C’est cette camionnette qui devient leur toit.

La descente en enfer

Sans domicile, Marie et son compagnon installent leur camionnette en périphérie nantaise. La mairie leur fournit une adresse postale. Marie, dans la détresse, mettra des mois avant d’ouvrir son courrier.

Des douches sont proposées par la municipalité. Le linge est lavé par sa sœur qui l’aide à la hauteur de ses moyens.

Un malheur en appelle un autre. Le compagnon de Marie subit deux grosses interventions qui nécessitent de longs mois d’arrêt maladie et l’impossibilité de reprendre son métier. Il est reconnu travailleur en situation de handicap.

L’isolement

En invalidité et en souffrance, la santé psychique de Marie se dégrade. « C’est dans les moments difficiles qu’on reconnaît ses amis » est une expression qui prend tout son sens pour elle. A la difficulté de la situation s’ajoute l’isolement. Peu de famille. De rares ami.es. Le repli sur soi s’installe et côtoyer le monde extérieur devient de plus en plus difficile.

Les chiens leur apportent un grand réconfort et la chaleur indispensable à la survie l’hiver.

De l’espoir

C’est son cœur de mère qui la pousse à se battre. C’est pour son fils qu’elle voit pendant les vacances, qu’elle puise le peu d’énergie qui lui reste. C’est sa sœur qui l’accueille chez elle pour que Marie puisse le voir. Elle reprend les démarches entreprises avant la perte de logement auprès des services sociaux. Son fils ignore la situation dramatique dans laquelle sa maman se trouve.

Elle prend contact avec une assistance sociale. Elle commence à renouer avec la société.

«Avec un logement, 90% de mes problèmes seront résolus »

C’est le 26 novembre prochain que Marie saura si un logement d’urgence lui est accordé pour trois mois.

Ce sera le début d’une nouvelle vie. Trois mois qui pourront durer en raison de la trêve hivernale. Quelques mois pour espérer trouver un logement à loyer modéré à l’échéance de l’hiver.

Marie, c’est une battante généreuse, qui, au pied de sa récalcitrante camionnette parfaitement entretenue, nous confie en souriant se sentir privilégiée d’avoir ce toit quand d’autres dorment dehors.

 

 

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